Previous topic: Next topic:
inactiveTopic KUNSTHALLE - 01F topic started 09.11.2002; 18:12:33
last post 09.11.2002; 18:12:33
user Kevin Wells - KUNSTHALLE - 01F  blueArrow
09.11.2002; 18:12:33 (reads: 20532, responses: 0)
BIENVENUE << retour

Staatliche Kunsthalle Baden-Baden
© Schmidt, Karlsruhe

LA KUNSTHALLE EN QUELQUES DONNÉES :

Adresse :
Staatliche Kunsthalle Baden-Baden
Lichtentaler Allee 8a
D - 76530 Baden-Baden
Tel: +49.(0)7221.30076-3
Fax: +49.(0)7221.30076 - 500

Horaires d’ouverture:
du mardi au dimanche: 11-18 h
le mercredi: 11-20h.

Tarifs:
entrée: 5 Euro
tarif réduit: 4 Euro
entrée gratuite pour les groupes scolaires

Services:
visite guidée gratuite chaque mercredi à 18 h, et sur demande pour tout groupe.
bibliothèque accessible sur demande
parking municipal situé dans les environs immédiats
pas d’ascenseur

Personnel:
Directeur et commissaire d’exposition: Karola Grässlin
Commissaires d’exposition: Dr. Fritz Emslander, Dr. Dirk Teuber
Administration: Ursula Eberhardt
Secrétariat: Angelika Weing?rtner
Stagiaires: Dr. Astrid Ihle, Mona Mollweide-Siegert, Dr. Harriet Zilch


Baden-Baden:
land de Bade-Wurtemberg
population: 52 000 habitants
Ville d’eau et de cure au programme culturel important (Festspielhaus, Théâtre de la ville), centrée sur le tourisme chic (deux fois par an de grandes courses équestres, casinos) et vert (pas d’industrie, grand parc de la Forêt Noire).


LA KUNSTHALLE DE BADEN-BADEN

Centre dÕexposition d?di? ? lÕart moderne et ? lÕart contemporain, la Kunsthalle de Baden-Baden a ?t? construite en 1909 par les architectes Hermann Billing et Wilhelm Vittali dans le parc de lÕall?e de Lichtental. Elle comprend neuf salles d'exposition et un cabinet, dÕune superficie totale de 700 m2. Le s?v?re ordonnancement n?oclassique du b?timent, fait de grandes pi?ces fonctionnelles b?n?ficiant dÕun ?clairage z?nithal, repr?sente une plate-forme dÕaccueil id?ale o? les Ïuvres, quÕil sÕagisse de peinture, de sculpture, de photographie, ou de vid?o, sont pr?sent?es dans les meilleures conditions.

Depuis sa cr?ation, la Kunsthalle nÕh?berge pas de collection permanente mais organise environ six nouvelles expositions par an. Outre de vastes pr?sentations monographiques (Dan Flavin, Chuck Close, Cindy Sherman, Thomas Ruff ou Corinne Wasmuht) ou des expositions pr?sentant les derniers d?veloppements de la cr?ation artistique ?trang?re (Japon, Pologne ou Turquie), la Kunsthalle propose depuis 1998 un programme intitul? Çexposition de studio È, permettant ? de jeunes artistes encore peu connus de toucher un large public (Peter Bonde, Mette Tronvoll, Stefan Hoderlein).

Mais cÕest surtout par la qualit? de ses grandes expositions de groupe que la Kunsthalle a attir? lÕattention du public international. Ces expositions th?matiques se veulent ?tre le reflet de lÕ?tat actuel du discours artistique, comme le fut par exemple Minimal Maximal, qui examina l'influence du minimalisme dans l'art des ann?es 90, ou La diva bless?e, qui revint sur des ph?nom?nes tels que lÕhyst?rie, le corps et la technique vus par des artistes du 20?me si?cle. Dans la trilogie Tu te feras une image (2001), les repr?sentations ? caract?re m?taphysique (exposition Big Nothing), m?canique (Je suis mon auto) ou animal (L'animal en moi) cr??es par lÕhomme et apparent?s ? des autoportraits furent ?galement examin?es. Avec Les proph?tes du boom - travaux de la Collection Sch?rmann d?buta en 2002 une nouvelle s?rie d'expositions r?alis?es en coop?ration avec de grandes collections priv?es. Parmi celles-ci, on compte Le bienfait de l'art - Positions postf?ministes des ann?es 90 de la Collection Goetz (2002), (In search of) The Perfect Lover - travaux de Louise Bourgeois, Marlene Dumas, Paul Mc Carthy et Raymond Pettibon de la Collection Hauser et Wirth (2003). En f?vrier 2004 d?buta une nouvelle trilogie intitul?e Espaces multiples - ?me, parc, film, inaugur?e par l'exposition åme - construction de l'int?riorit? dans l'art.

Compl?tant son programme d'exposition au travers de discussions critiques, de lectures, de conf?rences ou de podiums dÕartistes, la Kunsthalle organise ?galement une s?rie de manifestations intitul?es Dialogue/diagonal, qui vient ainsi ?largir le champ des activit?s propos?es. Une lettre de contact paraissant trimestriellement permet non seulement de prendre connaissance du programme actuel et des manifestations lÕaccompagnant, mais aussi de sÕinformer plus substantiellement sur le contenu des expositions. A noter aussi la cr?ation dÕune nouvelle association, ÇLes amis de la Kunsthalle Baden-BadenÈ.

Gr?ce ? un engagement constant en faveur de lÕart moderne et contemporain, ainsi que gr?ce ? son ?troite collaboration avec des artistes et des institutions de tous pays, la Kunsthalle a gagn? lÕestime de la sc?ne artistique internationale. Depuis sa reprise par le land de la Bade-Wurtemberg en 1952, chaque nouveau directeur ou directrice a ?t? attach? ? d?velopper lÕimage de lÕinstitution.

Le premier coup de pioche du nouveau partenaire et futur voisin de la Kunsthalle, la Collection Freider Burda, a ?t? donn? en septembre 2002. Ë quelques m?tres seulement de la Kunsthalle est actuellement construit un nouveau mus?e qui abritera l'une des plus prestigieuse collection priv?e d'art contemporain en Europe. Cette nouvelle configuration du parc de Lichtenthal n'est pas sans cons?quence pour la Kunsthalle, qui pendant les ann?es 2003 et 2004 entamera une p?riode de restructuration. Sans n?gliger les sp?cificit?s architecturales du b?timent cr?? par Hermann Billing, appr?ci? tant par le large public que par les artistes ou les sp?cialistes de l'architecture, le foyer de la Kunsthalle sera profond?ment remani? dans sa forme et dans sa fonction. De l?, on pourra bient?t parvenir au mus?e de la Collection Burda par un pont couvert qui s'int?grera ? l'architecture des deux institutions. Le foyer servira ?galement la caf?t?ria commune aux deux mus?es, et, lors de manifestations sp?ciales, de salle de lecture et salle de projection.
Malgr? la phase de travaux en 2003 et 2004, la Kunsthalle continue son programme d'exposition et d?veloppe toujours de nouveaux projets, entretenant le dialogue entam? entre visiteurs et artistes.






Lost & Found
La Hongrie vue par sa scène artistique
du 9 décembre 2006 au 25 février 2007

Les plasticiens et écrivains hongrois excellent dans cet art mixte qu'ils pratiquent de préférence depuis leurs cafés de Budapest: S'ils prennent l'actualité et les choses de la vie très au sérieux, ils ne peuvent s'empêcher de se détacher d'elles et de les rejeter le plus loin possible d'un geste ironique. C'est en s'observant et en observant la marche de leur pays au travers des vitres des cafés, c'est-à-dire en se tenant à l'extérieur de leur sujet d'observation, qu'ils parviennent à cette attitude paradoxale. Pour être créatifs, les artistes ont donc besoin de prendre continuellement leurs distances face à la routine et au quotidien.

Dans leurs travaux, ils s'attachent particulièrement à commenter les faits et les situations avec lesquels le citoyen Hongrois lambda a fini par s'arranger. Il s'agit là de phénomènes si courants, si usuels, que l'on ne prend plus la peine de réfléchir à leur nature, qu'ils finissent par glisser hors du conscient. Les artistes Hongrois contemporains pointent également du doigt les développements ayant transformés ou remplacés les valeurs traditionnelles et familières de manière si abrupte qu'une réflexion à leur sujet paraît impossible. Ils parviennent ainsi à lier par le biais d'une mise à distance esthétique et mentale point de vue interne - cette connaissance intime de relations à l'intérieur d'un système - et perspective extérieure.

C'est à partir de cette position d'étrangers à leur propre société que les artistes de l'exposition « Lost & found » tentent de créer un lien avec l'extérieur tout en tendant un miroir à leurs compatriotes. L'exposition de Baden-Baden permet ainsi de découvrir les facettes inattendues de la société et de la culture d'un grand voisin européen en présentant, loin de tout cliché se réduisant à quelques banalités touristiques ou politiques, le regard intérieur de ceux qui sont confrontés jour après jour aux réalités hongroises.

« Lost & Found », le titre de l’exposition est à comprendre sur deux niveaux. En faisant allusion à l’idée de paradis perdu (une idée classique dans l’épopée de John Milton « Paradise lost and regained »), il rappelle d'une part la césure douloureuse et le sentiment de perte toujours virulent éprouvés à la suite de l'effondrement de l'Empire austro-hongrois, ainsi que du rejet plus récent hors du système socialiste et de son caractère considéré (en partie à tort) comme rassurant et protecteur. Les conséquences d'un retour au Paradis dans l'Europe de demain, une voie sur laquelle s'acheminent déjà politique et économie, se répandent d'ores et déjà dans tous les domaines du quotidien magyar.

D'autre part, le titre peut être considéré comme une métaphore de la visite du musée: Dans le meilleur des cas, le visiteur se rendra à la Kunsthalle comme s'il s'agissait d'un bureau des objets trouvés (désigné en Angleterre par le terme de « Lost & found »), dans lequel il ne retrouvera peut-être pas son parapluie perdu, mais tombera par contre sur une longue-vue oubliée qu'il pourra emmener avec lui. Et s'il s'attend à retrouver l'image bien connue de la Hongrie, c'est un tout autre objet qu'il risque de trouver là.

Les 18 positions présentées à Baden-Baden sont constituées de travaux réalisés tout récemment, dont certains ont même été conçus et produits uniquement dans le cadre de l’exposition. Au travers de leurs tableaux, objets, installations ou travaux photographiques ou vidéos, les artistes soulignent avec finesse et humour aussi bien l’ordinaire que l’extraordinaire du quotidien hongrois et tentent par là de remodeler notre image de ce pays.

Artistes présentés: Erika Baglyas, Balázs Beöthy, Mária Chilf, Ágnes Eperjesi, Miklós Erhardt, Marcell Esterházy, Gábor Gerhes, Zsolt Keserue, Éva Köves, Antal Lakner, Ilona Lovas, Éva Magyarósi, György Orbán, Szacsva y Pál, János Sugár, Mónika Sziládi, Attila Szűcs, Zsolt Vásárhelyi

L’exposition a été réalisée avec le soutien des institutions suivantes :

Ministère des Sciences, de la Recherche et des Arts du Bade-Wurtemberg
Ministère de l’Education et de la Culture, Hongrie
dans le cadre des « Accents hongrois », l’année culturelle hongroise en Allemagne 2006/2007
traduction : Emmanuel Mir


ARCHIVES:


BALLERINA IN A WHIRLPOOL
Œuvres d'ISA GENZKEN, de RICHARD JACKSON, ROMAN SIGNER et DIANA THATER en provenance de la Collection Hauser & Wirth
du 30 septembre au 19 novembre 2006
vernissage : vendredi 29 septembre 2006 à 19 h.
avec une performance de Cherrycab

Une poupée grandeur nature faite de polyester et de fibre de verre, habillée d'un tutu et retenue au plafond par un simple boulon fixé au sommet du crâne, est en suspension au-dessus d'une machine à laver. La ballerine se tient d'abord coi, la jambe ouverte comme pour esquisser une arabesque puis amorce subitement une pirouette. Machine dotée de traits humains, elle réalise son petit tour d'adresse de manière uniforme et implacable. Tout comme les autres pièces de l'exposition, la figurine aborde les questions d'espace et de temps, touchant également les sujets de la perception ou du rôle du spectateur.
Quatre artistes de renommée internationale, dont les œuvres au caractère visionnaire et spectaculaire font partie de la prestigieuse Collection Hauser & Wirth, consacrent leur travail à ces thèmes. Leur confrontation dans cette exposition permet de réévaluer leurs conceptions respectives. Isa Genzken, Richard Jackson, Roman Signer et Diana Thater font de leur travail artistique une étude de l'espace réel, qu'ils redéfinissent, mettent en scène de manière inédite et dont ils outrepassent les frontières. De manière plus formelle, c'est le dynamisme du mouvement circulaire qui est le fil rouge unissant ces quatre positions. La tension dialectique entre dedans et dehors, centré et excentré, circulaire et linéaire, habite chacune des œuvres présentées. Le spectateur, habitué à se retirer dans sa sphère d'observation passive, est impliqué ici au cœur même des évènements qui font l'œuvre. S'il veut saisir chaque pièce, il est appelé à changer sans cesse de perspective et à se faire une place en elle.
Les maquettes de bâtiments fantaisistes d'Isa Genzken (née 1948) parodient le type d'architecture voué à l'exposition ou à la présentation, tout en annihilant la frontalité habituelle des façades. L'artiste place des images et des motifs tirés de notre quotidien sur les murs de ses constructions, comme s'il s'agissait de frises. Les maquettes s'ouvrent ainsi au spectateur sous divers angles en l'invitant à en découvrir toutes les facettes. L'espace devient un espace de perception des distances.
Les œuvres de Richard Jackson (né en 1939) tournent - littéralement - en rond. Les aiguilles du millier de montres-bracelets que l'artiste a dispersés dans une pièce réalisent leur sempiternel tour de cadran et transforment ainsi l'idée abstraite du temps qui passe en une perception physiquement et directement sensible. En sus de la ballerine déjà évoquée, poupée qui en tournant sur son axe diffuse de la couleur autour d'elle, Jackson présente ici un robot occupé à tamponner des ronds sur du papier.
En contre-pied à cette position, Roman Signer (né en 1938) utilise - ou recréé de manière artificielle - depuis le début des années 70 de petits cataclysmes naturels comme base matérielle de son travail artistique. Lors de ses performances, qu'il documente soit sous forme de film ou de photos, il réalise un équilibre incertain entre invariabilité et soudaineté. Son aire d'action se situe à la charnière entre art et nature. Il créé des situations a priori dangereuses qu'il relève de surprise et d'inattendu en y introduisant des facteurs aléatoires ou bien en y laissant jouer la dynamique de processus naturels incontrôlables.
Dans ses travaux vidéo, Diana Thater (née en 1962) interroge également les rapports entre art et nature mais les cristallise, elle, dans l'étude des relations unissant l'homme à l'animal. Ainsi, lorsque les ressemblances entre règne animal et règne humain se font trop fortes, comme cela devient le cas dans le phénomène du dressage par exemple, se pose alors la question de la spécificité et de l'irréductibilité anthropologique. L'artiste force le spectateur à redéfinir sa position en usant d'effets de distanciation et d'altération.
L'exposition a été conçue par Michaela Unterdörfer (Collection Hauser & Wirth) et Fritz Emslander (Kunsthalle de Baden-Baden).
A l'occasion de l'exposition paraît aux éditions Snoeck un catalogue comprenant un essai de Michaela Unterdörfer et des textes d'introduction aux artistes de Fritz Emslander, Karolin Kober, Sabine Sarwa et Barbara Wagner, ainsi que de nombreuses illustrations des travaux présentés. Le catalogue de 176 pages est publié en anglais et en allemand et coûte 24 € (ISBN 3-936859-47-7).


^^


STEPHAN BALKENHOL
du 15 juillet au 17 septembre 2006
conférence de presse: 14.07.2006 à 11 h.
vernissage : 14.07.2006 à 19 h.

« Mes sculptures ne racontent aucune histoire. Elles recèlent un secret en elles. Et il n'est pas de mon ressort de dévoiler ce secret, mais c'est à l'observateur de le découvrir » (Stephan Balkenhol).
Stephan Balkenhol, né en 1957 et depuis 1992 professeur de sculpture à l'Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe, est un des plus importants sculpteurs d'Allemagne. La Kunsthalle de Baden-Baden, au travers d'une vaste présentation, revient sur l'œuvre cet artiste qui est également parvenu à s'imposer sur la scène internationale depuis deux décennies. L'exposition se concentre à la fois sur le savoir-faire technique de Balkenhol ainsi que sur la variété formelle des références culturelles et historiques que l'artiste intègre constamment à son travail. Déclinés dans ses sculptures, reliefs, sérigraphies et dessins, Balkenhol privilégie particulièrement des sujets tels que le corps humain ou animal, le portrait, mais aussi l'architecture.
D'une certaine manière, la position sculpturale de Balkenhol peut être considérée comme une réponse aux stratégies minimalistes d'Ulrich Rückriem, qui fut son professeur à l'École Supérieure d'Art de Hambourg entre 1976 et 1982. Depuis le début des années 80, Stephan Balkenhol s'applique à confronter la tradition de la sculpture classique à des thèmes actuels et s'interroge sur ce qui est susceptible d'être montré, senti et perçu dans la statuaire contemporaine.
La représentation du corps humain représente le noyau de l'œuvre de Balkenhol. Ses personnages sculptés sont extraits au ciseau d'un tronc d'arbre massif, si bien que les traces du travail de l'artiste ou les irrégularités du matériau brut restent visibles. Les figures qu'il créé de la sorte oscillent entre singularité et anonymat. Leurs gestes, leur maintien et leur expression suggèrent dans un même mouvement froide distanciation et attention soutenue face à l'observateur. Les personnages de Balkenhol ne sont pas des « raconteurs d'histoire » ; ils sont plutôt une sorte de concentré de la physionomie et de l'apparence humaine. «Je ne veux pas créer de personnages bavards et expressifs. C'est pour cela que je cherche à trouver une expression qui soit ouverte et à partir de laquelle tous les états soient possibles. » L'ouverture des sculptures se fait donc par l'absence de tout geste suggestif et par un refus presque total de contenu narratif. Ce choix de l'artiste se situe donc délibérément à l'encontre de toute figuration illustrative, qui, en se focalisant sur un aspect unique du sujet, réduit considérablement les possibilités de son interprétation.
C'est cette forme de lointaine proximité qui caractérise la liberté et l'accessibilité de l'œuvre de Stephan Balkenhol. En se concentrant sur les thèmes du quotidien dans ses sculptures, reliefs et installations, Balkenhol a ouvert son travail à de nouvelles dimensions esthétiques - que ce soit en espace public ou dans le contexte de l'architecture - et ainsi contribué à enrichir de nouvelles options le vocabulaire de la sculpture contemporaine.
En sus des sculptures et reliefs dédiés aux thèmes humains, animaux, mythiques ou architecturaux, sont exposés également des dessins et des sérigraphies de l'artiste. Il s'agit là de pièces moins connues mais qui permettent de découvrir l'autre face - tout aussi variée que la première - de l'œuvre sculpturale de Balkenhol. L' « apothéose » de l'exposition est certainement une sculpture en bronze de 4 mètres 60 de hauteur représentant « Icare ». Réalisée pour l'exposition de Baden-Baden, elle est présentée au public pour la première fois.

CATALOGUE :
À l'occasion de l'exposition est publié un catalogue richement illustré contenant des articles de Matthias Winzen et Harriet Zilch (editions Snoeck, Cologne, 304 pages, plus de 350 illustrations en couleur, anglais et allemand, 38 €).
À la suite de Baden-Baden, l'exposition de Stephan Balkenhol sera présentée du 28 septembre 2006 au 28 janvier 2007 au MKM Museum Küppermühle de Duisbourg ainsi que du 17 février au 24 juin 2007 au Museum der Moderne, Salzbourg
Traduction : Emmanuel Mir


^^


TIEFENSCHÄRFE
Territoires de l'homme dans les collections de photographies
de l'Institut d'art contemporain - Collection Rhône-Alpes, Villeurbanne/Lyon,
et du Musée d'art moderne de Saint-Étienne Métropole
13 mai - 2 juillet 2006

La région Rhône-Alpes est riche de deux fonds exceptionnels de photographies dont la constitution a été initiée au milieu des années 1980 d'un côté, par la Collection Rhône-Alpes - Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Lyon, et de l'autre, par le Musée d'art moderne de Saint-Étienne Métropole. Ils ont tous deux pour originalité d'avoir associé des ensembles de photographies historiques et de photographies contemporaines et c'est une des raisons pour lesquelles ils méritent d'être connus plus largement hors de France. L'exposition Tiefenschärfe [Profondeur de champ] en propose une sélection fondée sur la mise en valeur d'œuvres clefs de l'histoire de la photographie. La thématique retenue est celle de l'existence humaine et de ses représentations dans des contextes aussi bien individuels que collectifs.
L'expression technique « profondeur de champ » désigne l'étendue de la zone de netteté dans la profondeur de l'image. Une photographie avec une grande profondeur de champ ramène la personne photographiée au niveau de l'espace qui l'environne. Le regard du photographe prend en compte l'espace d'habitation ou le lieu de travail et il les exploite ensuite dans l'image, implicitement ou explicitement, en tant que tels. A la différence du chasseur qu'est le paparazzo produisant des « décalcomanies » sans profondeur où l'individu ne peut que se dissoudre, le photographe qui travaille dans la tradition de l'observation participative aborde avec la plus grande attention ce qui se présente à lui, afin d'intégrer à ses images son exploration des profondeurs sociales et psychologiques des personnages représentés.
Prenant la suite de photographes orientalistes du XIXe siècle comme Carlo Naya ou Adrien Bonfils, dont les prises de vue étaient encore marquées par les pratiques de mise en scène du portrait d'atelier, les photographes voyageurs du début du XXe siècle tels que Cecil Beaton, Nicolás Muller ou Raoul Hausmann se livrent à des incursions subtiles dans les espaces d'habitation et les cultures étrangères qu'ils visitent.
Géographiquement plus proche de nous, c'est l'essor d'appareils et d'objectifs de plus en plus petits et sophistiqués qui permettra de sonder l'espace de la rue dans toutes ses dimensions - la rue considérée comme un endroit où l'on flâne et où l'on travaille, que ce soit dans son propre pays ou à l'étranger. C'est ainsi que la photographie de rue, dont John Thomson est l'un des premiers acteurs dès les années 1860, confronte le spectateur avec l'« autre » homme, celui qu'en réalité il croise chaque jour : chez Helen Levitt, il s'agit des gens de couleur de quartiers socialement modestes, à New York, vers 1940, et chez Nigel Henderson, de travailleurs ordinaires dans le Londres des années 1950.
Dans le sillage et sous l'influence de Walker Evans, la straight photography [photographie pure] produit depuis les années 1960 des études très documentées, où elle témoigne aussi bien du quotidien de la classe moyenne américaine, comme chez William Eggleston, que de l'homme au travail, chez Lee Friedlander, et enfin, chez Tony Ray-Jones ou chez Robert Frank, de l'homme dans des activités professionnelles ou de loisirs propres à des classes sociales ou à des habitus culturels spécifiques.
Face à cette pratique d'un portrait majoritairement anonyme, une autre vision, subjective celle-ci, s'impose dans les années 1980. Prenant parfois la forme d'« essais », ces portraits mettent l'accent sur les milieux sociaux dont sont eux-mêmes issus les photographes et qui sont l'objet de leurs réflexions et/ou de nouvelles immersions : ainsi, on trouve chez Larry Clark, des drogués et des fous d'armes à feu issus de sa ville natale de Tulsa, dans l'Amérique profonde ; tandis que Jean-Louis Schoellkopf nous entraîne dans les intérieurs d'habitations d'une ville industrielle française ; que Robert Adams pose le problème de la (sur)vie à l'ombre d'une installation nucléaire au plutonium ; que Patrick Faigenbaum confronte le passé et le présent dans ses portraits de la noblesse romaine en ses palais ; et que Thomas Struth, enfin, enquête sur la classe moyenne et la bourgeoisie dans leurs enceintes sociales protégées.
Le champ ainsi étendu à des espaces privés ou publics de l'existence humaine permet que se dévoilent des aspects tout à fait différents de l'homme, des aspects auxquels on ne pourrait pas avoir accès dans le cadre de prises de vues organisées avec des mises en scène artificielles ou répondant au standard des pratiques d'atelier.

CATALOGUE
Le catalogue publié à l'occasion de l'exposition comprend des essais de Martine Dancer et de Fritz Emslander, un entretien avec Jean-François Chevrier ainsi que des notices sur les artistes et les œuvres exposées.
Tiefenschärfe, Cologne, Wienand Verlag, 208 pages, env. 160 ill.
ISBN 3-87909-890-5, 22 €.


^^


THOMAS SCHÜTTE – DESSINS
du 11 mars au 30 avril 2006
Vernissage vendredi 10 mars 2006 à 19 h.

« Peut-on encore saisir la réalité avec un crayon, ou bien a-t-on besoin pour cela de petites machines? Plus il semble que cela soit impossible, plus il faudrait commencer à s’en occuper ». Thomas Schütte (2004)
Sculpteur de renommée internationale, Thomas Schütte (né en 1954) a eu à de nombreuses reprises l’occasion de présenter la variété de ses travaux plastiques. Mais jusqu’à aujourd’hui, ce n’est qu’accessoirement que son œuvre graphique, également vaste et diversifiée, fut prise en considération.
Bien que Schütte les développe depuis trente ans en parallèle à ses projets sculpturaux, les dessins et aquarelles présentés à la Kunsthalle de Baden-Baden sont à voir comme des entités autonomes. On y retrouve l’affinité de l’artiste pour les procédés de mise en scène, que ceux-ci s’appliquent au monde de l’art ou non. Ses dessins, et ce dès les premières années d’apprentissage que passa l’artiste à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, mettent en évidence l’intense réflexion que mène Thomas Schütte sur des sujets politiques ou sociaux, dont l’interprétation prend souvent un tour ironique.
Ainsi, au travers de travaux combinant langage et image, il reprend le ton dramatique des slogans politiques et démasque par là les formules creuses et emphatiques parasitant notre quotidien. Ses esquisses architecturales sont elles aussi des commentaires ironiques de l’architecture postmoderne, dont elles viennent prouver l’absurdité. À partir des années 80, l’artiste se mit à ajouter de petites constructions architectoniques à divers fragments dessinés, et mêla des éléments tirés de l’architecture monumentale à des objets quotidiens transformés et déformés tels que pots de peinture, lunettes, bouteilles ou pièces de machine. Ces esquisses suggèrent une fonctionnalité évidente qui cependant, dès que l’on tente de passer de la maquette au réel, ne s’avèrent être qu’une illusion.
Par contre qu’il s’agisse des autoportraits, des têtes masculines anonymes ou des aquarelles de Luise, son modèle - on retrouve dans les portraits dessinés de Thomas Schütte un nouvel accent, porté sur le questionnement de l’individualité. Et c’est avec la même liberté qu’il dessine des motifs de fleurs et de fruits semblant au premier abord intimement liés au genre de la nature morte. Mais au contraire des arrangements classiques, l’artiste les dispose de manière insolite : les pommes de terre se transforment en portails ou en tours et le fleurs sont souvent représentées sans vase, isolées de tout.
Les sujets les plus divers, tout aussi composites et changeants que le sont les intérêts personnels de l’artiste, se développent le plus souvent à partir de séries de motifs similaires. Leur caractère franc et ouvert confère aux dessins la légèreté et l’imprécision de l’ébauche. Au travers de cette approche conceptuelle le menant au prétendu objet de l’observation, Thomas Schütte fait tomber le masque de l’Idéal que prend son sujet - après que celui-ci se soit condensé dans un dessin - et en dévoile la banalité de la matérialité.
En plus de cycles d’œuvres provenant de collections prestigieuses disséminées dans toute l’Europe, l’exposition présente des travaux de grands formats inédits tirés directement de l’atelier de l’artiste. Avec plus de 350 travaux, ce sont les volets décisifs des diverses phases créatives de Thomas Schütte qui sont montrées à Baden-Baden.
Ce projet, organisé par Matthias Winzen et la Kunsthalle de Baden-Baden est une coopération avec le De Pont museum of contemporary art de Tilburg et le Nouveau Musée, Musée National d’Art et de Design de Nuremberg. À l’occasion de l’exposition, un catalogue est publié aux Éditions Snoeck avec de nombreuses illustrations et des textes de Melitta Kliege, Barbara Wagner und Matthias Winzen. ISBN 3-936859-36-1
raduction: Emmanuel Mir

^^